Naturia, c’est quoi ?

Naturia est un projet en transition, lieu de passage et de projets,  il se veut inspirant pour expérimenter une autre forme d’être en lien avec le monde qui nous entoure, une autre forme de tourisme.

Deux axes importants soutiennent le changement que nous soutenons  : les idées de la permaculture et une structure coopérative.

Nous souhaitons vous présenter ces deux axes pour vous inviter ensuite à y réagir.

La permaculture est un concept systémique et global qui vise à créer des écosystèmes respectant la biodiversité au sens large. L’inspiration vient de la nature et de son fonctionnement. Cela touche à nos manières de voir et de vivre (cultures), à nos lieux de vie et à notre façon de nous y relier. Les principes de l’écologie sont au centre de notre démarche. Nous nous appuyons sur les récits et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

Nous vous invitons à  découvrir la fleur de la permaculture pour plus de détails.Fleur-de-la-permaculture-400x400 – Formation à la permaculture

Le site est un espace particulier composé d’étangs, de végétation, de chemins, d’une colline. Des plantes, des animaux et des hommes y vivent. Nous souhaitons mettre en lumière cette vie et les interdépendances qui s’y tissent.

La coopérative vise à nous amener à coopérer pour développer ensemble un espace agréable, respecté et respectueux, où l’argent ne fait pas la loi. La coopérative englobe et régule ce qui nous lie : des contrats de location, des investissements en temps et en argent, des investissements affectifs, un intérêt pour le site, pour ce qu’il nous offre (repos, détente, convivialité, partage…) et pour ce qu’il permet (culture, pisciculture et agriculture, accueil, échanges…).

“Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.”

Les valeurs fondamentales de la coopération sont la prise en charge et la responsabilité personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité.

Qu’est ce qui fait la spécificité de l’entreprise coopérative ?

Les fondateurs de la coopérative ont en commun des besoins ou des aspirations (ex. besoin de produits alimentaires d’une certaine qualité, besoin d’un prestataire pour transformer ou commercialiser leur production agricole…) et créent ensemble une entreprise pour satisfaire ces besoins ou aspirations. Dans un tel contexte, le capital nécessaire au fonctionnement de l’entreprise n’est qu’un moyen, et non une fin.

Les coopérateurs ont une double qualité : propriétaires de l’entreprise et utilisateurs de l’entreprise. Cette double qualité constitue le ressort des coopératives.

Vous pouvez découvrir le cycle des principes coopératifs pour plus de détails.

Présentation du projet - Naturia

 

Nous aimerions penser ce lieu avec vous en terme:

• D’abondance : quelles sont les richesses du site ? comment en prend-t-on soin ? que peut-on/veut-on y apporter ? à quelles conditions ?

• De solutions : quels sont les problèmes qui se posent ? quelles sont les opportunités que cela nous donne ? à quoi être attentif ? qui ? comment ?

• De système : qu’est-ce qui relie l’étang et les parcelles ? qu’est-ce qui relie les poissons et les arbres ? qu’est-ce qui relie le camping à la région et au tourisme ? comment être attentif aux impacts de nos actions ?

• De nature : la nature donne mais il ne faut pas l’épuiser. Comment trouver un équilibre entre ce qu’elle fait apparaître et ce qu’on lui prend ? comment être attentif à son rythme en regard du nôtre ?

• De coopération : nous avons choisi de transformer la société en coopérative. A l’intérieur comme à l’extérieur, il s’agit de collaborer plutôt que de se mettre en compétition, de contribuer plutôt que de consommer.

• De futur : le site nous survivra. Que voulons-nous laisser ? Nos actions ont un impact sur les 7 générations suivantes (170 années).

• De réflexions et d’actions : nous voulons réfléchir avant d’agir, créer des cercles de réflexions qui pensent les actions à mener avant de les mettre en œuvre. A quoi le projet sert dans l’écosystème ? Quelle énergie mon projet va injecter dans l’écosystème ?

Un autre rythme pour ouvrir un autre temps dans un espace à potentialiser, considérer les vivants dans leurs interrelations, concerner les passants pour inspirer de nouveaux élans.

A propos de la transition

  1. État de la société et du monde

Ce n’est malheureusement pas une nouveauté, notre monde fait face à une urgence écologique de plus en plus inquiétante. Cela suscite une agitation politique croissante qui n’est pas toujours très consistante, allant plus souvent du côté d’une construction sécuritaire éphémère plutôt que d’une solidarité pérenne. Ce qu’il semble falloir sauver avant tout, c’est un modèle néolibéral et les possibilités de spéculation qu’il offre, alors même que cela donne lieu à des inégalités sociales profondes et une exploitation de la terre excessive. Les citoyens sont invités à se mettre au service de ce modèle plutôt que de prendre du temps pour en sortir alors même que les aspirations vont dans cette deuxième direction. Cette tension entre aspirations personnelles et obligation de vendre son temps pour du travail insensé suscite des « burn-outs » : l’énergie humaine, exploitée comme celle de la planète, empêche les humains d’agir pour se défendre, à mettre en œuvre un temps de transition.

  1. Les verrous économiques et sociaux

Notre système socio-politique est, à la fois, particulièrement attentif à notre situation (sécurité sociale, droit au chômage, allocations familiales,…) et de plus en plus happés par les sirènes de la consommation comme point d’appui économique ultime. Nos dirigeants qui sont aussi nos représentants sont régulièrement mis à mal dans cette représentation par des pressions extérieures et cela met notre solidarité en difficulté. Le modèle capitaliste verrouille les élans de transition quand ils sont sur le point d’aboutir. Notre système représentatif ne permet pas la participation citoyenne nécessaire au sentiment de responsabilité de chacun. Les citoyens se réfugient dans leurs habitudes de consommation, délaissent leur imagination et laisse les flux spéculatifs emporter la transition.

  1. La transformation nécessaire

Devant ces difficultés, que signifie « transition » ? C’est l’aménagement d’un passage entre une situation et une autre. C’est un temps qui permet de se délier de l’existant pour faire naître du nouveau, pour utiliser les ressources autrement, repenser les échanges. C’est un temps flottant durant lequel on accepte de ne pas savoir précisément vers où il mène. Un tel temps, pour faire sauter les verrous, doit disposer d’un espace, d’un territoire qui puisse s’étendre socio-économiquement, où les personnes qui y vivent auront le sentiment d’agir, la faculté de penser ce qui s’y passe et de forger des nouveaux outils d’échanges socio-économiques. Le territoire est sans doute la condition pour accepter le temps flottant. Le territoire apporte les signes de la transformation en cours et encourage à prendre un temps de plus. Un territoire permet également de penser de nouveaux récits et ouvrir les imaginaires.

  1. Naturia

Naturia est un territoire transformable. A partir des idées de la permaculture et d’une structure coopérative, nous souhaitons entamer un processus de transition en appui concret sur un espace  composé d’étangs, de végétation, de chemins, d’une colline. Des plantes, des animaux et des hommes y vivent. Nous souhaitons mettre en lumière cette vie et les interdépendances qui s’y tissent, les intensifier pour nous relier à d’autres initiatives du même genre et les mettre en valeur pour inspirer des politiques plus participatives.

La fonction des récits

La connaissance est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes. Edgar Morin

De nombreux auteurs (Morin, Damasio, Deleuze, Winnicott, Latour, Cyrulnik, Caillé…) ont soulignés l’importance des récits en ce qu’ils sous-tendent nos organisations sociales, familiales et personnelles, mais aussi nos théories scientifiques et économiques. La connaissance se raconte.

En devenant coopérateurs à Naturia, nous voulons re-connaître le monde qui nous entoure, créer de l’entourage, de l’”encourage” pour échapper à ce qui nous détermine, en particulier au niveau socio-économique et gestionnaire, au niveau politique également.

L’arrivée de la COVID-19 a bouleversé l’ordre de ces récits qui sous-tendent notre organisation sociale et économique, quand elle n’a pas touché la structure même de ceux-ci. Le récit économique si incontournable jusqu’ici, promouvant marchandisation et spéculation, se voit interpellé par d’autres récits qui soutiennent d’autres rapports. Des trous dans le savoir apparaissent, des incertitudes insécurisantes nous arrivent. Il nous faut réapprendre à naviguer, trouver de nouveaux repères.

Pas nécessairement nouveaux, ces récits se révèlent aujourd’hui inspirant et structurant pour penser et vivre ce qui a donné lieu au confinement et aux mesures annexes. Karl Polanyi (1886-1964), par exemple, a proposé il y plusieurs années déjà le concept de «marchandises fictives» pour désigner des objets économiques qui, à aucun moment,n’ont été conçus, produits et pensés comme des marchandises et qui, pourtant, le sont devenus grâce au récit capitaliste[1].

Ces nouveaux récits questionnent notre rapport à la terre et au territoire, la place des inégalités, les modalités d’échanges économiques, la signification des genres et des identités…

Naturia, depuis son site particulier, souhaite donner lieu à la construction de récits et d’imaginaires qui puissent inspirer la mise en oeuvre de nouvelles structures sociales et économiques. Nous sommes autour de deux étangs, sur une colline, en bordure de pré et de forêt, au bout d’un village. Nous sommes ancré dans une principauté dans laquelle s’élève également une abbaye cistercienne. Nous ne manquons donc pas de sources d’inspiration tant terrestres que spirituelles pour créer de nouvelles fictions qui nous engagent autrement dans le monde.

C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous organiser en coopérative en structurant nos liens de coopérateurs autour de pratiques sociocratiques. C’est pour cela également que nous voulons penser le site en appui sur des concepts de permaculture, que nous souhaitons également développer des relations socioéconomiques avec la région qui nous entoure en nous inspirant de l’économie sociale et solidaire et de l’économie de la contribution.

Ces mises en pratiques de pensées en développement nous amènent à vivre et à penser autrement, à élaborer de nouveaux récits. Nous espérons qu’ils inspireront les personnes qui passeront du temps sur le site. Nous espérons également que les passants, de plus ou moins longue durée, contribueront à enrichir ces récits, en nous racontant des bouts de leur histoire, en partageant des découvertes faite lors de leur séjour, en apportant des éléments qui décalent et relancent.

Le cercle « Accueil et départ » travaille au recueil de toutes traces qui permettent la structuration de récits, la narration d’histoires structurantes, de lectures du monde et des relations qui ouvre la pensée de l’espace et du temps. Dessins, objets, textes, traces laissées sur le site seront rassemblées pour inviter à y associer idées, paroles… qui donneront lieu à de nouveaux dessins, dépôts d’objets…

Nous voulons faire de Naturia un lieu d’intentions où d’autres récits puissent se vivre, s’écrire, se découvrir.

De manière générale, nous proposons aux futurs coopérateurs d’écrire un texte qui anticipe ce qu’ils imaginent pour l’éco-camp, qui pourra rejoindre l’écriture d’une sociotopie inspirante. Cette sociotopie alimentera, au-delà de nos nécessaires différences, un fond commun de rêveries du futur.

Pour les locataires nous leur demandons de pouvoir raconter ou écrire comment ils ont envie d’habiter, d’habiller le lieu pendant leurs locations ceci lors d’une rencontre avec les membres du cercle “Accueil et départ”.

Pour les ‘nomades’, nous leur proposons un petit texte qui leur sera envoyé avant l’arrivée et qui  explique ce que nous tentons de faire. Nous leur proposons  dans ce sens d’amener un objet, un texte, une chanson…. qui pourrait dire quelque chose de l’intention qui les amène à Robechies.

Nous espérons également offrir en guise d’accueil des récits qui décalent, mettent en mouvement et permettent d’envisager le monde autrement. Nos sources d’inspiration seront les contes de la région, les mots des anciens, les émotions des plantes, les histoires cisterciennes…

Et quand ils s’en vont, peut-être auront-ils quelque chose à raconter sur un des deux étangs, sur la colline et les plantes qui s’y trouvent, sur les pré ou la forêt, sur le village, la principauté ou l’abbaye cistercienne.

Le cercle “Accueil et départ” récolte les différents récits et intentions et pourra imaginer d’en faire un moment d’échange commun, d’expo, …

[1] https://saw-b.be/wp-content/uploads/sites/39/2020/09/A2001-Interview-Eynaud.pdf

Une coopérative

Notre raison d’être

A travers la coopérative, Naturia souhaite contribuer à la création d’une dynamique d’expérimentations et de mises en œuvre de pratiques écologiques, économiques et sociales qui engagent et inspirent l’indispensable transition vers un nouveau modèle sociétal.

Elle entend promouvoir les valeurs suivantes :

  • Rencontre : avec les autres (tous les autres !) mais aussi avec soi-même en étant pleinement conscient, connecté à la Nature, aux choses, à la vie.
  • Exploration : en acceptant d’aller vers le changement, vers la transition, vers l’inconnu. C’est découvrir lentement le site et/ou organiser des jeux, des évènements, des ateliers et explorer la construction de nouveaux rapports avec la terre, sa faune, sa flore et sa nature.
  • Contribution : apporter quelque chose, une aide physique, un soutien moral, un partage de connaissances. Chacune et chacun est invité à contribuer au projet en y posant sa trace, comme un simple don d’un peu de soi. Œuvrer pour le changement et la transition écologique lorsque l’on est à Naturia mais également, dans la mesure du possible, chaque jour et partout.
  • Ouverture : tenter de comprendre et réussir à accepter les différences sans jugement. S’ouvrir par le respect de l’autre, de la nature et de soi-même.
  • Sagesse : faire preuve d’engagements forts et de beaucoup d’humilité dans nos pensées et gestes, mais aussi de pédagogie douce et inclusive restant patients.

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